AGRICULTURE

Cultures vivrières

Manioc 
D‛une manière générale la culture du manioc est pratiquée sur toute l‛étendue de la province, mais son rendement est faible dans les hautes altitudes notamment au Bushi-Bukavu. Ce faible rendement est dû à l‛appauvrissement progressif du sol, à la dégénérescence du matériel végétal utilisé, aux mauvaises pratiques culturales (faible écartement), à la récolte prématurée ainsi qu‛à l‛attaque par certaines maladies cryptogamiques. La production pour la campagne 2002 a chuté à cause de la diminution du nombre des ménages agricoles.

Pomme de terre
Cette culture mieux indiquée pour les milieux de hautes altitudes devrait pratiquement remplacer le manioc cultivé par erreur sur les montagnes, malheureusement elle n‛entre pas dans les habitudes alimentaires de la population du Sud-Kivu montagneux. Sur le plan économique aussi, elle rapporterait plus de revenus à la population car ayant d‛abord un cycle végétatif plus court que celui du manioc et peut être cultivé deux fois par campagne alors que la récolte du manioc n‛intervient qu‛après 12 à 18 mois en altitude. Dans l‛ensemble le rendement moyen à l‛hectare durant les trois campagnes s‛est plus ou moins stabilisé.

Patate douce
La patate douce est également cultivée partout dans la province. Elle est considérée en général comme culture de soudure. La patate douce est surtout consommée avec le haricot principalement dans les territoires de Kabare et Walungu. Comme pour toutes les autres cultures vivrières, la rareté de terre cultivable est un handicap majeur pour son extension. La chute de la production pour la campagne 2002 est due à la réduction de nombre de ménages agricoles ainsi qu‛à celle des superficies emblavées.

Banane
Le bananier est cultivé sur toute l‛étendue du Sud-Kivu mais il se trouve attaqué par les cosmopolites sordidus. La variété la plus cultivée est la banane à bière qui constitue la matière première pour la préparation de la boisson locale 60 consommée surtout au Bushi-Buhavu. Elle peut couvrir 70 % de la superficie cultivable. Dans les territoires de Mwenga et Shabunda c‛est la banane plantain et de table qui dominent. Des gros efforts doivent être menées au Bushi-Buhavu pour amener le paysan à faire suffisamment d‛éclaircies dans sa bananeraie en faveur des autres cultures intercalaires comme le haricot, le sorgho, etc. mais cela n‛est pas entendu de bonne oreille car le paysan accorde trop d‛importance à la boisson locale Kasikisi qui est appréciée au même titre qu‛un aliment. Pendant la période de disette, la banane à bière entre dans la fabrication de la pâte en mélange avec la farine de manioc.

Colocase 
Cette culture est pratiquée surtout en Territoires de Walungu, Uvira et Kalehe. Elle joue le même rôle que la patate douce en haute altitude. La production est généralement utilisée pour l‛autoconsommation. Les statistiques de production de deux campagnes 1001 et 2002 se sont presque équilibrées.

Igname
L‛igname est surtout cultivée dans les territoires de Kalehe et Kalonge, ainsi que dans Kabare, Walungu et Idjwi en petite quantité. Les statistiques en notre possession montrent que la campagne agricole 2002 a été très favorable et ce compte tenu de l‛augmentation des superficies emblavées.

Arachide
Elle est cultivée dans tous les territoires de la Province du Sud-Kivu. Dans la pratique on la rencontre souvent associée au maïs et au manioc. La vente d‛arachides ne pose pas de problème étant donné qu‛elle est très appréciée dans l‛alimentation. Il manque de statistiques fiables sur la production pour les dernières années.

Haricot 
Après le manioc, le haricot et la culture vivrière la plus pratiquée dans la Province et entre dans le régime alimentaire de toute la population indistinctement. Ses feuilles sont aussi consommées comme légumes au stade très tendres. Avec la rareté progressive des terres arables dans les zones montagneuses, les variétés volubiles sont mieux indiquées.

Petit pois 
Le petit pois est cultivé en petite quantité dans les territoires de haute altitude et un peu moins dans la ville de Bukavu. Son extension nécessite une forte propagande mais le problème de semence se pose car le petit pois est surtout récolté à l‛état vert et atteint très rarement la maturité complète. La chute de 61 la production pour la campagne 2002 est due à la forte diminution du nombre de ménages agricoles.

Soja 
De plus en plus la population des territoires où sont signalées les conséquences de la malnutrition (Bwaki) a compris le rôle important que joue le soja dans la lutte contre le kwashiorkor en l‛incorporant dans le régime alimentaire comme remplaçant valable des protéines d‛origine animale. Etant donné que le paysan ne constitue pas le stock, le problème de manque de semence se pose à chaque début de saison.

Maïs 
La culture du maïs est pratiquée partout dans la Province du Sud-Kivu car les conditions écologiques sont partout favorables et la population commence à comprendre la valeur nutritive de la pâte à base de la farine de maïs. La production reste faible à cause des semences dégénérées utilisées par la majorité de la population. La campagne agricole 2002 a été défavorable pour cette culture avec la diminution du nombre de ménages agricoles et de la superficie emblavée. Signalons également que le maïs est le produit de base pour la fabrication des boissons appelées Musululu et Kanyanga, sources de revenus pour beaucoup de familles pauvres.

Paddy
La culture du Paddy est une particularité du Territoire de Shabunda qui produit plus de la moitié de la production de la Province. Une autre partie de la production provient des Territoires de Mwenga, Fizi, Kalehe, Walungu et d‛Uvira dans la plaine de la Ruzizi où se pratique la culture du Riz irrigué. Il est déplorable de constater que toutes les usines de traitement de paddy qui existaient à l‛intérieur de la province ont été fermées ou détruites. Notons également que le mauvais état des routes rend difficile la commercialisation de la production. L‛absence du Territoire de Shabunda dans le secteur paddy pour la campagne 2002 justifie la diminution alarmante de tous les paramètres càd (MA, HAS, PT) dans le tableau des caractéristiques agricoles en annexe de cette Monographie.

Sorgho 
Le sorgho est cultivé essentiellement pour la fermentation de la boisson locale Kasiksi très appréciée par les Bashi-Bahavu et les Bafulero. En plus sa farine donne une pâte très appréciée par ces mêmes tribus ainsi que la bouillie pour les nourrissons. Les rendements par ha sont restés presque le même pour les trois dernières campagnes.

Cultures maraîchères

Thé 
Les usines de Thé ne fonctionnent plus sur toute l‛étendue de la province. Le secteur moderne et traditionnel sont paralysés. Les plantations sont devenues des pâturages, des réserves pour le bois de chauffe et de refuges pour les différents groupes armés.

Tabac 
Bien que le Tabac soit une culture de rente, il n‛est pas pratiqué en secteur moderne. Toute la production passe en fraude au Rwanda. La diminution de la production sert à la base de la hausse de prix au producteur.

Palmier à huile
Dans le secteur traditionnel, cette culture est répandue surtout dans le territoire de Shabunda et en partie dans les territoires de Fizi, Mwenga et Kalehe (Bunyakiri). Les usines qui favorisaient le traitement des fruits n‛existent plus. Les paysans utilisent les prennes manuelles pour l‛extraction de l‛huile. Compte tenu de l‛importance économique de ce produit, les paysans ont toujours besoin de rajenir leurs vieux champs, mais ils leur manque des variétés hâtives et plus productives.

Canne à sucre
Dans le secteur traditionnel, la canne à sucre permet au paysan producteur de faire face à ses besoins élémentaires. L‛usine de Kiliba n‛est plus en activité, ses champs sont transformés en cultures vivrières par la population. Il n‛y a que dans le territoire d‛Uvira où la canne à sucre était cultivée sur une grande échelle par le paysan car la Sucrerie de Kiliba est sur place pour absorber la production.

Quinquina
Secteur traditionnel
Cette culture a été pratiquée dans la Province du Sud-Kivu en haute altitude où elle avait gagné du terrain pendant un certain nombre d‛années quand ses écorces étaient très recherchées sur le marché mondial. Actuellement à cause de la mévente de ce produit et à l‛apparition de la maladie du phytophtora qui a décimé beaucoup de champs et de plantations, cette culture a cédé du terrain pour les cultures vivrières.

Secteur moderne
La Société PHARMAKINA reste la seule entreprise agro-industrielle qui exploite et transforme elle-même cette spéculation. Cette société a aussi abandonné plusieurs de ses champs où il y a eu apparition du phytophtora. PHARMAKINA mène des recherches pour trouver le matériel végétal résistant à cette maladie.

Partager sur :