VILLES

La province du Sud-Kivu compte trois villes  à savoir : Bukavu, chef-lieu de la province, Baraka et Uvira.

I. VILLE DE BUKAVU

 Historique

Ancien territoire du royaume des Bashi (nom de pays des Bashi, ethnie shi qui avait comme roi souverain Kabare). Il était dirigé par l’un de grands princes du royaume, le « muluzi » Nyalukemba, lors de l’arrivée des premiers Européens dans le Bushi à la fin du XIXe siècle (Muluzi ou Baluzi au pluriel, veut dire « le noble ou noblesse chez les Shi. La ville s’appelait Rusozi. Le nom Bukavu vient de la transformation du mot ‘bu’nkafu’ (ferme des vaches).

Bukavu fut occupée en 1901 par les autorités coloniales belges. En 1927, Bukavu fut rebaptisée Costermansville (ou Costermansstad en néerlandais) en l’honneur de Paul Costermans. En 1953, après une consultation auprès des « Européens », les autorités coloniales lui rendirent son ancienne appellation : Costermansville redevint donc Bukavu. La ville accueillait une importante population, surtout européenne, sous le régime colonial. En 1967, Bukavu fut le théâtre d’une bataille opposant 600 soldats katangais et 170 mercenaires blancs aux 15 000 hommes du général Mobutu. Ces mercenaires, belges et français pour la plupart, étaient commandés par un aventurier belge, Jean Schramme. La bataille s’est soldée en novembre 1967 par la défaite des mercenaires et leur fuite vers le Rwanda.

 Éducation

En rapport avec le système éducatif congolais, Bukavu compte de nombreuses écoles primaires. Celles-ci accueillent les élèves âgés de 6 à 12 ans. L’éducation primaire dure 6 ans et est sanctionnée par un certificat d’études primaires. Les élèves sont obligés de passer des contrôles réguliers pendant l’année scolaire. Ceux qui échouent se voient obligés de reprendre l’année. Après l’école primaire vient l’école secondaire comportant le cycle d’orientation et les humanités.

Les élèves sont admis dans un cycle d’orientation de 2 ans après leur certificat. Celui-ci est un tronc commun permettant d’approfondir la formation primaire, mais qui ouvre aussi à des choix pour une option précise aux humanités. Ce sont 4 années post cycle d’orientation. À Bukavu, les écoles les plus connues sont le collège Alfajiri1des Pères Jésuites (ancien collège Notre-Dame de la Victoire), le lycée Wima des religieuses de la Sainte-Famille (ancien pensionnat Albert 1er), EDAC ISGEA le collège Kitumaini, l’institut Hodari.

 Économie
Bukavu possède un aéroport (Kavumu, code AITA : BKY ou code OACI « FZMA »).
Selon la société Jeppesen qui établit officiellement les cartes de navigation, l’aéroport comprend une piste de 6 562 pieds (soit 2 000 mètres) en asphalte située sur un axe Nord/Sud (164° pour la piste 17 et 344° pour la piste 35). Son aéroport s’élève à 5 657 pieds (environ 1 725 mètres) d’altitude et se situe entre le lac Kivu et la chaine volcanique du Kahuzi-Biega. Cet aéroport permet le transport des biens et personnes vers le Sud Kivu et le Maniéma principalement grâce aux petites compagnies aériennes locales car les infrastructures routières aujourd’hui sont inexistantes. Une à deux fois par semaine, l’aéroport est desservi par les compagnies nationales basées à Kinshasa. Elle possède aussi un grand port situé dans le territoire d’Uvira sur le lac Tanganyika (port de Kalundu) qui contribue en grande partie dans l’économie de celui-ci.

 Administration

La ville de Bukavu est subdivisée en 3 communes: Ibanda, Kadutu et Bagira (il existe une controverse sur une quatrième commune [Kasha] créée pendant la rébellion du Rassemblement Congolais pour la Démocratie lors de la deuxième guerre du Congo). Chacune de ces communes est subdivisée en plusieurs quartiers et avenues. À la tête de chaque commune se trouve un bourgmestre. Bukavu est aussi le siège du gouvernement provincial de la province du Sud Kivu.

• Mairie de Bukavu

Celle-ci est la liste complète des maires (auparavant appelés « bourgmestres ») ayant dirigé la ville de Bukavu, au Sud-Kivu, RD Congo depuis l’Indépendance (1960 jusqu’à nos jours).
• Denis Maganga Igomokelo 1961-1964
• François Matabaro 1964-1967
• Daniel Birimwiragi 1967-1968
• Floribert Sukadi Bulayi 1968-1970
• Grégoire Sedei Sekimonyo 1970-1971
• Gilbert Kibibi wa Lukinda Umo 1971-1974
• Mosha Kayembe Dibwa 1974
• André Lokomba Kumuadeboni 1974-1979
• M’lemvo wa Maduda Yeka 1979-1981
• André Lokomba Kumuadeboni 1981-1982
• Me Nyaloka zizi Mata-Ebongo 1982-1984
• Ndala wa Ndala 1984-1986
• Shango Okitedinga Lumbahe 1986-1988
• Shemisi Betitwa 1988-1991
• Migale mwene Malibu 1991-1996
• Thaddée Mutware Binyonyo 1996-2000
• Roger Safari
• Adolphe Cirimwami
• Mathieu Ruguye
• jean marie Murhula J.M
• Prospère Mushobekwa
• Mme Nzita Kavungirwa Kayange
• Guillaume Bonga Laisi
• Philémon Lotombo Yogolelo
• Meschac Bilubi Ulengabo

II. VILLE D’UVIRA

Est une ville, une collectivité-chefferie et un territoire de la province du Sud-Kivu en République démocratique du Congo. Elle est le chef-lieu de la chefferie-collectivité du peuple Bavira, ayant pour chef coutumier Mwami Lenge III, en même temps le chef-lieu du territoire portant le même nom. Elle est parmi les 9 villes socio-économiques principales de la République Démocratique du Congo.
La ville compte plus de 1 181 207 habitants.

Uvira est située au 03°26 S 29°08 E à l’extrémité nord du lac Tanganyika. Elle est constituée de 14 quartiers qui forment la cité d’Uvira. Elle a un port important, Kalundu, qui relie Uvira à la ville de Kalemie, au Nord de la province du Katanga et la ville de Kigoma en Tanzanie. La ville est à 120 km de Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, 88 km de la ville de Baraka dans le territoire de Fizi et 26.5 km de la ville de Bujumbura, la capitale du Burundi, elle est considérée comme un prolongement de la ville de Bujumbura de par sa proximité avec cette dernière.

À cause de sa situation géographique, Uvira est souvent la ville victime des guerres qui commencent par là et ayant tout détruit, tant les infrastructures que les tissus socio-économiques, et qu’il ne reste plus rien, particulièrement dans les petits centres et villages qui entourent Uvira à l’est de la République. Le niveau de destruction du Territoire d’Uvira et sa situation géographique ont contribué au choix de la ville d’Uvira comme siège social de l’Association sans but lucratif Centre de Recherche sur l’Anti-Corruption.

III. VILLE DE BARAKA

Est une ville du Sud-Kivu située dans le secteur de Mutambala en territoire de Fizi, au bord du lac Tanganyika, en république démocratique du Congo. Par rapport au lac, elle se situe à l’ouest de la pointe de la longue presqu’île d’Ubwari. Elle tire son nom d’un mot arabe qui signifie sagesse ou bénédiction.
Elle fut, en 1882, la première entité administrative du Kivu à adopter un modèle urbain. Le 10 février 2010, elle est élevée au statut de ville par le gouvernement national et provincial de la RDC. La ville compte 215 289 habitants sur une superficie de 25 km2. En bref, Baraka est le troisième centre urbain en importance dans la province du Sud-Kivu.

Baraka est dans le territoire de Fizi la seule localité à posséder le statut de ville. Elle est constituée des communes de Baraka centre, Katanga et Kalundja. La ville s’étend de la rivière Lweba à la rivière Mutambala et au rivage du lac Tanganyika. Elle est le poumon socio-économique du territoire de Fizi et la majeure partie de la population de ce terroir réside dans la ville de Baraka. Elle est le centre métropolitain de Fizi à cause de ses commerces et ses finances. Cette ville est reliée avec la ville de Lubumbashi au sud et de Bukavu au nord par la RN5.

Baraka est même parmi les trente-cinq villes de la république démocratique du Congo ordonnées par le gouvernement central dont vingt-six sont des chefs-lieux des provinces et neuf sont des villes socio-économiques :
Baraka, Bandundu, Beni, Boma, Butembo, Likasi, Mwene-Ditu, Uvira, et Zongo. Elle est aussi parmi les villes proposées pour la province du Sud-Kivu avec Uvira, Shabunda et Kamituga. Baraka a 3 communes. Commune de KALUNDJA (limite : Rivière Kandali, rivière Mkemakye, lac Tanganyika et montagne Makundu). Commune de Baraka-Centre (limite : Rivière Mkemakye, lac Tanganyika et montagne Efuma). Commune de KATANGA (limite : Rivière Musimbakye, Rivière Mutambala, lac Tanganyika et rivière Lúé).

Baraka jouit d’un rayonnement international grâce de son évêché de l’Église Méthodiste Libre du Congo, de sa position stratégique pour les pays de l’Afrique de l’Est et du Centre, et de la présence des bureaux des liaisons des certaines organisations internationales (FAO, HDCH, HCR, MONUSCO, OIM, OMS, PAM, PNUD, UNESCO, UNICEF, etc.)

Certains pays (Burundi, Rwanda, Tanzanie, Zambie, Malawi, etc.) envisagent d’ouvrir leur liaison consulaire à Baraka à cause de la présence importante de leur peuple dans cette localité. À cause du nombre important des fidèles catholiques dans le territoire de Fizi, l’idée de l’instauration de Diocèse de Baraka est au stade terminal au sein de Conférence Épiscopale Nationale du Congo (Kinshasa).

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